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Sécurité & réglementation · Intermédiaire · 4 min de lecture

La VHF : licence, canal 16, appels de détresse

CRR obligatoire ou pas, MMSI et ASN, Mayday, Pan-Pan et Sécurité sur le canal 16, portée réelle, portable ou fixe : la VHF de plaisance expliquée.

Instruments et radio à la passerelle d'un navire
Instruments et radio à la passerelle d'un navirePhoto — Raymond Yeung / Unsplash

La VHF marine est le moyen de communication de référence en mer : elle permet d'alerter simultanément les secours (les CROSS en France) et tous les navires alentour sur le canal 16, ce qu'aucun téléphone ne fait. En France, une VHF portative de faible puissance s'utilise sans certificat dans les eaux nationales, tandis que la VHF fixe et la navigation à l'étranger demandent le CRR. Détail des règles, des appels et de la portée réelle ci-dessous.

Le CRR : obligatoire ou pas ?

Le Certificat Restreint de Radiotéléphoniste (CRR) est l'examen qui autorise l'usage complet d'une station radio maritime. La règle française, dans les grandes lignes : une VHF portative de puissance limitée (6 W au plus) utilisée dans les eaux territoriales françaises est dispensée de CRR ; une VHF fixe, l'usage de l'ASN ou la navigation dans les eaux étrangères exigent en principe le certificat. L'examen, organisé par l'ANFR, se prépare en quelques heures et porte sur les procédures, les canaux et la réglementation — un investissement modeste qui professionnalise réellement votre pratique. Les textes évoluant régulièrement, vérifiez la règle en vigueur auprès de l'ANFR avant d'acheter, surtout si vous visez la Méditerranée voisine ou les eaux britanniques.

MMSI et ASN : la détresse en un bouton

Les VHF modernes intègrent l'ASN (Appel Sélectif Numérique, DSC en anglais) : un bouton rouge protégé qui émet automatiquement un message de détresse numérique avec votre identité et, si la VHF est reliée au GPS, votre position exacte. Pour fonctionner, la radio doit être programmée avec un numéro MMSI, identifiant à neuf chiffres délivré gratuitement avec la licence de station par l'ANFR.

Concrètement : demandez votre licence (gratuite pour la plaisance), programmez le MMSI dans la radio, connectez le GPS. Une VHF ASN sans MMSI ni GPS perd l'essentiel de son intérêt en détresse. C'est l'un des points que l'on vérifie en priorité sur un bateau d'occasion, au même titre que le reste de l'armement de sécurité.

Canal 16, Mayday, Pan-Pan, Sécurité

Le canal 16 est le canal international de détresse, d'urgence et d'appel. On y lance trois types de messages, par gravité décroissante :

  • Mayday : danger grave et imminent pour le navire ou une vie (voie d'eau majeure, incendie, homme à la mer non récupéré). Répétez trois fois, donnez nom du navire, position, nature de la détresse, nombre de personnes ;
  • Pan-Pan : urgence sans danger vital immédiat (avarie de moteur près d'une côte, blessé nécessitant un avis médical) ;
  • Sécurité : message d'information sur un danger pour la navigation (conteneur dérivant, feu éteint).

La veille du canal 16 est une tradition de bonne pratique : radio allumée, volume audible. Le reste du trafic (ports, ponts, bateau à bateau) passe sur les canaux dédiés, jamais sur le 16, qu'on libère dès le premier contact établi.

La portée réelle d'une VHF

La VHF porte à vue optique : la portée dépend surtout de la hauteur des antennes, très peu de la puissance. Ordres de grandeur honnêtes : 3 à 5 milles entre deux portatifs au ras de l'eau ; 10 à 15 milles entre un portatif et un sémaphore ; 20 à 30 milles entre une VHF fixe en tête de mât de voilier et une station côtière. Doubler la puissance ne double jamais la portée — surélever l'antenne, si. C'est pourquoi le téléphone portable, dépendant du réseau côtier et incapable d'alerter les navires proches, ne remplace pas la VHF : il la complète, au mieux.

Portable ou fixe : les deux, idéalement

La VHF fixe offre 25 W, une antenne haute et l'ASN reliée au GPS : c'est l'équipement de fond, obligatoire au-delà de 6 milles d'un abri sous pavillon français. Le portatif (5 à 6 W, 150 à 300 € en version étanche flottante) sert de secours si le bord est privé d'électricité, s'emporte dans l'annexe et accompagne l'équipier de quart. Sur un bateau qui ne quitte jamais la bande côtière, un bon portatif étanche peut suffire ; dès que le programme s'élargit, la fixe s'impose et le portatif devient la doublure. En cas d'homme à la mer, c'est souvent la VHF qui coordonne la récupération — voir notre guide homme à la mer.

Par où commencer

Passez le CRR même si votre programme actuel ne l'exige pas : une journée de préparation, un examen accessible, et vous savez réellement utiliser votre radio le jour où tout va mal. Demandez ensuite votre licence et votre MMSI à l'ANFR, programmez la radio, reliez-la au GPS et collez près du poste une fiche plastifiée avec la trame du Mayday : nom, position, nature, personnes à bord. Faites enfin un exercice familial : chacun, enfants compris, doit savoir allumer la VHF, passer sur le 16 et lire la position GPS. Les termes qui fâchent (ASN, MMSI, CROSS) sont dans notre glossaire.

Questions fréquentes

Faut-il le CRR pour utiliser une VHF portable sur un bateau ?

En France, non pour une VHF portative de puissance limitée à 6 W utilisée dans les eaux territoriales françaises. Le CRR redevient en principe nécessaire pour une VHF fixe, pour utiliser l'ASN ou dès que vous naviguez dans des eaux étrangères. Vérifiez la règle en vigueur auprès de l'ANFR, car les textes évoluent.

Quelle est la portée réelle d'une VHF marine ?

La VHF porte à vue : comptez 3 à 5 milles entre deux portatifs au niveau de l'eau, 10 à 15 milles vers une station côtière en hauteur, et 20 à 30 milles depuis une antenne en tête de mât. La hauteur d'antenne compte bien plus que la puissance d'émission.

Peut-on remplacer la VHF par un téléphone portable en mer ?

Non. Le téléphone dépend de la couverture réseau, qui disparaît vite au large, et surtout il n'alerte pas les navires proches, souvent les premiers à pouvoir vous porter secours. La VHF diffuse votre détresse à tous en même temps. Gardez le téléphone comme moyen complémentaire, dans une pochette étanche.